Le raisonnement de la date de semis doit se faire en fonction de la variété.Attention aux idées reçues : « il me faut un blé hiver pour semer tôt » c’est souvent vrai, mais incomplet ! Par exemple, les variétés Claire et Istabraq sont très bien adaptés aux semis précoces (car photosensibles) mais ils sont aussi... alternatifs. Contradictoire ? Non, lisez plutôt ce qui suit. En effet, dans le langage courant, le terme "type hiver" est couramment utilisé pour désigner un blé qu'on peut semer tôt, par opposition aux blés "alternatifs" qu'on peut semer tard. La réalité est sensiblement différente. Tout d'abord, il faut savoir que les cotations du GEVES pour l’inscription (alternativité et précocité d’épiaison) ne sont pas suffisantes. En particulier, l’alternativité ne caractérise que les besoins en froid et non pas le rythme de développement. Consulter les tableaux de précocité de montaison (publiés notamment par Arvalis), ainsi que les conseils de l’obtenteur.
- pour le calcul des dates de semis les plus précoces : dans ce cas, les besoins en froid et la précocité ne sont pas limitants. En revanche, on tient compte de la date d’apparition du stade épi 1 cm (précocité de montaison) afin de minimiser le risque de gel d’épis ;
- pour le calcul des dernières dates de semis possibles : dans ce cas, 1/ le cycle végétatif est raccourci (remplissage des grains plus exposé au stress), et 2/ la satisfaction des besoins en froid sera plus difficile voir impossible. Il faut donc des blés 1/ suffisamment précoces et 2/ alternatifs.
• pour semer tôt :Une variété tardive est souvent recherchée, d’autant que l’avancement de la date de semis peut permettre d’échapper aux stress de fin de cycle.
Attention, quoique rares, certaines variétés tardives peuvent pourtant être thermosensibles, ce qui limite les possibilités de semis très précoces sans risque de gel d’épis pour ces variétés. Cas de Limes et Sophytra notamment.
Les variétés photosensibles sont les plus indiquées. Amundsen, Istabraq, Lear peuvent se semer dès fin septembre.
Précaution : en semis précoce il faut adapter la densité car le risque de verse augmente, veiller à une bonne protection de la semence, puis surveiller la végétation qui est plus exposée, notamment vis-à-vis du piétin et de la septoriose.
• pour semer tard :Une variété précoce doit être semée tard qu’une variété tardive. Cela d’autant plus lorsque la variété est thermosensible, et que le climat est tempéré : une reprise précoce profitera de conditions clémentes en sortie d’hiver. Exemple en blé : Cézanne, Aubusson, Altamira, Aprilio.
• pour semer très tard :Après janvier, le choix d’une variété au moins ½ alternative s’impose. Voire complètement alternative pour semer jusqu’à mi-mars. La date butoir de « mi-mars » concerne les régions Nord et Nord-Ouest de la France. Dans la moitié Sud de la France, tenir compte d’une moindre vernalisation, et bien entendu adapter les dates de semis aux contraintes de sol et de climat qui sont moins favorables aux semis très tardifs.
D’autres critères comme le tallage et la précocité orienteront le choix : dans la moitié Sud et dans les sols séchants, la précocité doit être prise en compte pour limiter les risques d’échaudage. Par contre en moitié Nord et dans les sols profonds on peut semer relativement tard des blés alternatifs à cycle plus long comme Istabraq. Enfin, le choix d’une variété à tallage élevé est important : le nombre d’épis/m² est la composante qui influe le plus sur le potentiel de rendement en semis tardif, comme le montrent les performances d’Aubusson et Alixan en semis tardif, par exemple.
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