La Cécidomyie Orange (Sitodiplosis mosellana) est appelée en anglais WOBM pour Wheat Orange Blossom Midge. Très étudiée en Europe du Nord, la résistance variétale à la Cécidomyie Orange est connue en France via certaines variétés anglaises. Welford, Gatsby sont anciennes, d’autres sont plus récentes : Glasgow, Robigus, Lear. Parmi les blés cultivés en France, Altigo est la première variété précoce identifiée comme possédant le gène de résistance. Cette caractérisation est le résultat d’observations dans notre réseau d’essai européen (Angleterre, Allemagne) sur plusieurs années, et confirmée par un travail de génomique (marqueurs). D'autres variétés plus tardives, comme Koreli ou Boregar, ont aussi été identifiées comme résistantes à la Cécidomyie Orange, de même que notre dernière nouveauté inscrite en 2011, Allez-y (demi-précoce BPS).
Dégâts de la Cécidomyie Orange : la mouche pond ses œufs dans les fleurs, et la larve se développe au détriment du grain de blé. Le grain est piqué, déformé, et moins bien rempli. Lorsqu’on ouvre les glumes, on retrouve la larve orange à coté du grain. Les pertes de rendement peuvent être très élevés, et on peut imaginer qu’elles sont sous-estimés en France. En effet, dans les essais de comparaison variétales, on constate de très importants écarts de rendements, entre variétés résistantes et variétés sensibles, lorsqu'il y a attaque de Cécidomyie. Par ailleurs, l'impact des larves sur la qualité des grains est, lui aussi, important : le temps de chute de Hagberg est plus faible.
Mécanisme de résistance : il est encore mal connu. Entre autres explications, on lit dans la littérature que les variétés de blé résistantes à la Cécidomyie Orange montrent une teneur des grains élevée en acide férulique ou un de ses dérivés. L'acide férulique est un composé courant des parois cellulaires des grains de blé, il est parfois extrait et utilisé comme ingrédient alimentaire. On suppose que cette teneur élevée rend le grain de blé répulsif, pour des raisons biochimiques ou physiques, ce qui limiterait le développement de la larve de cécidomyies. Il s'agit à proprement parler d'un mécanisme de résistance (par opposition à la tolérance, où la plante fonctionne en présence du parasite sans s'opposer à son développement) même s'il peut être partiel.
Notes importantes :
1- il faut reconnaître que les connaissances sont encore limitées au sujet du mécanisme de résistance : on ne sait pas si l'acide férulique est le seul impliqué, mais c'est la piste la plus étudiée. Il est possible que ce mécanisme de résistance soit plus complexe, et n'implique pas seulement l'acide férulique.
2- si certains résultats d'essais montrent une absence totale de larve dans les variétés résistantes, on peut aussi en trouver, en essais comme en parcelles d'agriculteurs. On peut penser (il s'agit là aussi d'une hypothèse) que cela se produit lorsque les pontes de Cécidomyie Orange se produisent à un stade très précoce du blé, avant que le métabolisme du grain n'ait commencé à jouer son rôle.
Autres facteurs :
- l'influence du caractère barbu des variétés, dont on parle parfois, est à écarter. Certes, de façon marginale dans les essais comparatifs de variétés en micro-parcelles, on peut imaginer que les barbes rendent les épis moins faciles d'accès aux mouches, de même que des glumes de taille plus importante. Mais on sait que ces caractéristiques morphologiques n'ont pas d'influence en culture, car les vols de cécidomyies sont limités en distance : en culture, les mouches ne "choisissent" pas la variété.
- la précocité des variétés ne peut servir d'"échappement" que de façon aléatoire : en effet, l'éclosion des oeufs est liée à des épisodes pluvieux, et non pas au stade du blé.
Egalement utile à connaitre :
- la Cécidomyie Jaune (Contarinia tritici) est plus rarement observée que la Cécidomyie Orange ; en 2010 elle était significativement plus présente en France que les années précédentes. Pour le néophyte, les larves sont difficilement différenciables de celles de la Cécidomyie Orange, car leurs couleurs sont assez proches. En revanche : 1) il y a beaucoup plus de larves par fleur 2) les larves de Cécidomyies Jaunes se nourrissent des étamines et des ovaires, et entraînent ainsi l’avortement de la fleur : on ne voit plus du tout le grain. Important à savoir : il n'existe pas, à l'heure actuelle en France, de variété de blé qui soit identifiée comme résistante à la Cécidomyie Jaune.
- la Mouche de Hesse, autre ravageur de la même famille, est aussi appelée « Cécidomyie des blés » dans certaines publications. Mais il ne s’agit pas du même insecte : la mouche de Hesse (Mayetiola destructor) attaque le pied des tiges de blé tendre et blé dur.
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