Questions / Réponses

Mise à jour le 06/04/2011

QUESTIONS

Q : J’ai des terres séchantes, type argilo-calcaire. Quelle variété me conseillez-vous ?

R : on préfèrera des variétés précoces, à bon tallage et/ou gros grain. Précoces pour échapper aux stress hydriques de fin de cycle. A bon tallage pour assurer le nb d’épis/m² en cas de sécheresse de fin d’hiver. A gros grain car les variétés qui mettent en place trop de grains/m² récoltés peuvent se montrer moins performantes en situation d'échaudage
Une remarque : l’avancement des dates de semis est souvent recherché pour échapper aux stress de remplissage. C'est une pratique gagnante, en moyenne. Cependant, l’inconvénient de certaines variétés très précoces (pas toutes, heureusement) est de ne pas être adaptées aux premières dates de semis, car elles peuvent être exposées aux gels d’épis. Se renseigner au préalable. Voir "dates de semis".
 

Q : En sol limono-argileux froid, quelle variété choisir ?

R : on préfèrera des variétés à semer tôt, résistantes à la verse. A semer tôt pour profiter de meilleures conditions de levée. Résistantes à la verse pour limiter les risques en cas de forte minéralisation en sortie d’hiver (année à pluviométrie importante et somme de température élevée). Exemples : Alixan, Apache en variété précoces, Limes, Istabraq en variétés tardives.
 

Q : En zone mosaïque, sur des terres lourdes, quel blé semer ?

R : Altigo ou Alixan sont deux variétés demi-précoces qui valorisent bien ce type de sol lourd. 
 

Q : Et en terre légère ?

En terres légères, Autan et Azimut, très précoces, seront les plus indiqués. Cézanne est toujours une référence pour son comportement supérieur à la moyenne des autres variétés en cas de stress hydrique de remplissage.
 

Q : En blé sur blé, quelles variétés vous semblent les mieux adaptées. Sur quels critères dois-je baser ma réflexion ?

R : La plupart des essais comparatifs sont semés « sur précédent », avec l’objectif d’extérioriser un bon potentiel de rendement. Pourtant, en dehors de résultats probants en essai conduit en blé sur blé, il n’existe pas de critère simple pour conseiller une variété ! Citons tout de même : une certaine précocité, une bonne tolérance aux maladies du pied, une bonne capacité de tallage. En effet, en blé sur blé, on considère en général que les disponibilités azotées sont plus faibles, les maladies racinaires plus présentes, avec pour conséquance des pertes de pied ou des régressions de talles plus importantes qu'en blé assolé. En pratique, dans leurs zones d'adaptation respectives, Azimut (très précoce) donne d’excellents résultats, ainsi qu’Istabraq (en tardif). Pour les grandes plaines céréalières du "1/3 Nord" de la France (Bassin Parisien inclus), les variétés Alixan et Altigo (demi-précoces) sont les plus indiquées. Alixan se distingue par sa capacité de tallage, sa fertilité d'épis, et son fonctionnement racinaire performant. Altigo lui, associe tallage élevé, reprise précoce en sortie d'hiver, et très gros grain. Mais, tout comme Alixan, c'est un demi-précoce à maturité : il faut donc le réserver de préférence aux situations du Nord e la Loire, à fortiori en blé/blé.
 

Q : Apache est-il aussi tolérant au chlortoluron que les autres variétés tolérantes ? Des variétés sensibles peuvent-elles être traitées avec du Chlortoluron ?

R : Apache est officiellement classé tolérant au Chlortoluron à la dose de 1800 grammes de matière active à l’hectare.
Accidentellement, certaines parcelles semées en variétés sensibles sont désherbées au Chlortoluron. L’apparition de phytotoxicité devant conduire au retournement de la parcelle est liée à certaines conditions de sol et de climat : lessivage important de l’herbicide qui va arriver au contact des racines du blé, et conditions peu poussantes ne permettant pas à la culture de « passer le cap ». L’appréciation du risque doit se faire au cas par cas, en liaison avec votre conseiller local.
 

Q : Nous sommes le 4 mars et je dois resemer du blé. J'ai de l'Alixan. Est-ce encore possible ?

R : Il n'est plus possible de semer de l'Alixan, ou tout autre blé de type hiver, à cette date. Certes Alixan fait partie des variétés les plus souples en date de semis, et il est possible de semer  Alixan jusque fin janvier / début février en bordure maritime Nord. Mais nous sommes bientôt à la mi-mars : il faut des blés alternatifs pour semer en ce moment. Même si nous ne sommes pas si loin de début février, vous ne pouvez pas prendre ce risque. Un blé hiver a des besoins en froid pour monter à épis.

Voici les élements que l'on prend en compte :
1/ on ne connaît évidemment pas la durée de levée (froid, sec, battance, tout peut arriver), et tant qu'il n'est pas au stade 1 feuille, un blé ne vernalise pas.
2/ on ne sait pas s'il va faire suffisamment froid pendant les prochaines semaines (une période de douceur en mars-avril n'est jamais à exclure). Il faut des températures moyennes journalières entre 6 et 10°C pour vernaliser. Une variété type demi-hiver nécessite 4 à 5 semaines de vernalisation. Tant que la vernalisation n'est pas complète, la montée à épis ne se fait pas. On a déjà vu des blés de type hiver semés trop tard, être encore en herbe au mois de juillet.

Q : Jaunissement dans une parcelle d'orge en sortie d'hiver : quelles peuvent en être les raisons ?

 R : Assez difficile de répondre avec certitude ! C'est un phénomène assez fréquent. Il y a plusieurs raisons possibles :
 
1) L'orge a un enracinement fragile, apparemment le sol est plutôt humide ça peut être une cause : asphyxie racinaire : il faudrait voir si les racines : sont noircies, atrophiées... Il peut donc s'agir d'un simple cas de battance. Le fait que les jaunissements soient dans le même sens que le semis peut appuyer ce diagnostic. Mais attention, la mosaïque est aussi liée à l'humidité qui favorise le développement du champignon vecteur du virus.

2) Cela peut donc être un sympôme de mosaïque, en hiver l'orge ne pousse pas et la mosaïque pénètre plus vite dans la plante qu'elle ne pousse : on voit plus de jaune que de vert en sortie d'hiver. Soit la variété est sensible mosaïque, soit elle est résistante mais il peut s'agir du pathotype BYMV2 (de plus en plus fréquent, mais moins virulent que BYMV1). Evidemment le sol asphyxié est un facteur agravant de mosaïque, puisque la culture mettra du temps à repartir.

3) On peut penser à des cas de toxicité de désherbage, ce qui se reconnaîtra à des symptômes beaucoup plus marqués dans les zones de doublage (recoupement de rampes).
 
En tout cas lorsqu'il fera doux la végétation repartira, et les symptômes pourraient progressivement disparaître. Sauf si c'est un cas de mosaïque avéré sur variété sensible, ce qui peut conduire à la destruction partielle voire totale. Mais on ne peut pas prédire jusqu'où iront les dégâts, on peut avoir des surprises dans un sens comme dans l'autre.